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Article journal La Montagne :  La musicothérapeute exerce à l’hôpital d’Ussel auprès des personnes âgées

Christine Coudert-Faïon utilise les bols tibétains lors de ses séances de musicothérapie :

« Ces bols font parler les silencieux?! ».

Crédit : photo quentin reix

Chanteuse aux airs de Jacqueline Maillant, Christine Coudert-Faïon a mis ce talent vocal au service des personnes âgées. En devenant musicothérapeute.

Une bulle de mémoire. La mémoire affective, celle qui ne s’use pas et qui se ravive si on la sollicite. En qualité de musicothérapeute, Christine Coudert-Faïon en prend soin. Elle stimule les souvenirs des personnes âgées par la musique. Le temps des Cerises, les airs de Tino Rossi sont des outils précieux pour cette « écouteuse-soigneuse ». Pour des patients plus jeunes, elle pioche aussi dans le répertoire des années 1950-1960 et jusqu’aux années 70. « Il m’est même arrivée d’utiliser de la dance », sourit-elle. Pour le rythme. Les bols tibétains, ces récipients fabriqués dans un alliage de sept métaux diffusent un son long et apaisant. Un instrument d’une grande pureté. Et puis, il y a la voix. La sienne. « Je ne pratique d’aucun instrument ».

Faire remonter les émotions

Mais elle chante depuis toute petite. En imitant les « vedettes » d’abord, puis sur les scènes des cabarets du Trech de Tulle puis celui de Chameyrat où elle participe aussi bien à la mise en scène, à l’écriture au service de la musique. Cette musique dont elle s’est nourrie depuis le phonographe à manivelle et les 78 tours familiaux.

Cette soignante pratique la musicothérapie cognitive, celle qui « fait remonter les émotions ». Toute la subtilité de cette thérapie est de pouvoir les canaliser, et que la personne ressorte calme et sereine des séances dispensées au centre hospitalier d’Ussel et dans les EHPAD de Beaulieu, Marcillac, ou d’ailleurs. Une activité qui demande une grande écoute.

Comment devient-on musicothérapeute ? « J’étais chanteuse, puis animatrice. Je me suis spécialisée dans les ateliers chant ». Et puis, il y eut l’envie d’aller plus loin, de se former. Un leitmotiv pour cette quinquagénaire spontanée au regard rieur. Elle a donc suivi une formation à l’Institut européen de musicothérapie à La Forge, près de Metz. Y a rencontré François Jacquemot, « un homme référent ». « A l’époque, la musicothérapie relevait presque de l’ésotérisme », s’amuse-t-elle. Le rôle de la discipline commence maintenant à changer.

Le sourire d’une personne âgée

« Pour moi, ce qui vaut un bouquet de fleurs, c’est le sourire d’une personne âgée, un progrés au sortir d’une séance ou la résonnance d’une personne avec son passé. » Et pour cette femme sensible, recevoir un bouquet de fleurs n’est pas anodin. Cette touche-à-tout s’est passionnée pour ces éléments naturels. Et connaît plus particulièrement celles du bush australien. Elle leur accorde des vertus curatives à chacun d’entre elle. Et encore une fois, s’est formée sur le sujet. « J’avance à pas feutrés ». Encore une discipline qu’elle voue aux autres.

Elle ajoute une touche de créativité dans la vie. Dans la peinture. Un art qu’elle a découvert il y a une dizaine d’années. Elle peint aussi bien des icônes aux couleurs or. Et se réalise pleinement dans des grands formats. Papier, végétaux et même des spaghettis donnent de l’épaisseur à son art.

Quand son emploi du temps lui permet : elle écrit le prochain cabaret de Chameyrat, anime des formations sur le toucher confort ou conseille ses proches sur les plantes. Et elle se ressource dans son intérieur rouge -sa couleur. Et puise de l’énergie dans la vue imprenable sur le lac de Marcillac-la-Croisille.

Céline Marotte

source : « La musicothérapeute exerce à l’hôpital d’Ussel auprès des personnes âgées » journal La Montagne avril 2012

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